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                                                                                                 Dominique Leblanc - 2012 - collège Mangin

 
"Faire aisément ce qui est difficile aux autres, voilà le talent; faire ce qui est impossible au talent, voilà le génie" (H.F. Amiel)

Créativité et surdoués / génie et précocité

 

                         "la fantaisie est plus importante que le savoir" (Albert Einstein )

      "La créativité est généralement inhibée dans le milieu scolaire, dans la mesure où l'enseignant attend de l'élève une réponse que lui-même connaît"       (Todd Lubbart).

      Par excellence, c'est en arts plastiques qu'une pensée divergente devrait pouvoir s'exprimer. La pensée divergente (ou pensée latérale) est un raisonnement créatif qui permet d'aborder un problème par un angle nouveau.
   C'est un autre type d'intelligence que l'intelligence convergente, qui est celle que mesure
le QI.
Donc : on peut être extrêmement créatif sans être surdoué. Ouf.

       Les surdoués ont une excellente intelligence spatiale (mal détectée par les tests). D'où leurs talents pour les casse-têtes, les origamis,  la théorie des cordes, les embrouilles familiales et les plans d'assemblage d'Ikéa.

     Dans leur domaine de prédilection, les surdoués ne sont pas simplement brillants, comme peut l'être n'importe quel très bon élève, ils sont hyper brillants.

    Terrassier, la référence principale pour ceux qui s'intéressent aux surdoués, s'est demandé  si les génies avérés avaient été des enfants précoces.
   La réponse est difficile à donner, pour la bonne et simple raison que la plupart de ces génies  n'ont pas vu leur QI testé. On ne sait rien du QI d'Einstein (d'ailleurs son cerveau, qui a été étudié,  était plus petit que la moyenne), ni de celui de Mozart, ni de celui de Vincent Van Gogh (dont je pense, après une étude attentive de sa biographie, que c'était un enfant typiquement précoce).

"La réussite : 1% d'inspiration, 99% de transpiration" : c'est une jolie citation, que j'utilise souvent en classe parce qu'elle convient à certaines situations, mais elle est en partie fausse ; désolé pour les besogneux ! Cela étant, il y a quand même dans l'acte créateur l'enchaînement d'un certain nombre de processus logiques :

1. Identification et formulation du problème.

2. Suggestion de solutions (par la mémoire et les connaissances, mais aussi par l'imagination).

3. Evaluation des idées.

4. Choix de l'une d'entre-elles.

5. Réalisation

      Le psychologue Torrance, quant à lui, divise la créativité en quatre composantes : 

- La capacité à  avoir beaucoup d'idées en même temps.

- La capacité à trouver de nouvelles voies, inattendues.

- l'originalité (trouver des solutions que seules 5% des autres participants auront trouvé).

- La complexité : le nombre de détails significatifs apportés à la description.


      Prenons Mozart : s'il était né au fin fond du Mozambique, et non dans un milieu de musiciens professionnels, avec un père mentor et professeur de musique, jouant plusieurs heures tous les jours dès l'âge de 3 ans, il n'y aurait pas eu de Mozart.

      Il n'y a pas corrélation systématique entre l'intelligence et la créativité (Etude Getzels et Jackson, 1962) : la créativité peut compenser le niveau de QI dans la réussite scolaire. L'enfant créatif, moins conformiste que ses camarades, est capable de trouver des solutions à la fois originales et pertinentes. 
Andy Warhol avait (parait-il) un QI de 87.

    La créativité, ou pensée divergente, se situe donc entre l'intelligence et la personnalité.

Et au collège ?

   Les enfants précoces ont probablement beaucoup d'imagination en arts plastiques. Mais comme ils sont également très exigeants et perfectionnistes, ils ne se lanceront que rarement dans des réalisations ambitieuses s'ils pensent ne pas avoir les bases (notamment techniques) nécessaires. N'étant pas sûrs de réussir parfaitement, ils préféreront parfois ne rien faire du tout.

  Il est certain que si l'on a comme idéal artistique les oeuvres de Léonard de Vinci, il est douloureux de constater que l'on ne dessine pas mieux que la majorité de ses camarades.
Et d'ailleurs, pourquoi saurait-on dessiner en entrant en sixième ? Je suis toujours stupéfait d'entendre des gamins de onze ans déclarer d'une part qu'ils ne savent pas dessiner (alors qu'ils n'ont jamais eu le moindre cours), et d'autre part qu'ils ne sauront jamais.

     Pourtant, toute personne ayant été capable d'apprendre à lire peut aussi apprendre à dessiner, peindre ou sculpter de manière très convenable. C'est un apprentissage, comme la lecture, les mathématiques ou la musique.
     On n'est pas pianiste de naissance, il faut énormément travailler. C'est pareil en dessin, pas moyen d'y couper.    

     Honnêtement, je n'ai pas encore constaté en arts plastiques de fonctionnement particulier de l'enfant précoce (enfin, des quelques spécimens avérés que j'ai pu observé en classe, qui étaient justement des précoces en difficulté) par rapport à ses camarades, à part le fait qu'il en fait en général encore moins que la moyenne des élèves.

    Je parle de sa pratique artistique, pas de ses interventions orales qui peuvent être envahissantes car généralement hors-sujet.

    Or, la réussite suppose un travail régulier, elle suppose aussi d'accepter aussi l'échec ponctuel comme une étape nécessaire. Si tous ceux qui sont tombés de vélo en débutant avaient renoncé à pédaler, il y aurait peu de cyclistes.
  Il faut comprendre que l'on progresse en pratiquant. Que la pratique exige aussi la prise de risques. L'art donne peu de réponses, mais ouvre des pistes.
La question, en un sens, est plus importante que la réponse.

Et dans tous les cas, l'art est une catharsis dont il serait dommage de se passer. Si les français s'investissaient davantage dans les loisirs créatifs, nous ne serions peut-être pas les champions du monde de la consommation d'anti-dépresseurs.

       Je dirais déjà aux enfants précoces qu'ils doivent fuir comme la peste le crayon HB et la feuille blanche au format 24 x 32 cm. Il existe des pratiques alternatives, la plupart du temps, qui permettent de répondre aux sujets de façon non conventionnelle ET beaucoup plus rapide : la photographie, l'infographie, les assemblages en font partie.
Par ailleurs, alors qu'en mathématiques 2 + 2 font généralement 4, il est souhaitable en arts plastiques que 2 et 2 fasse 5 chez l'un, et 3 chez l'autre : c'est donc un espace de liberté où l'individu peut s'exprimer, au lieu de se fondre dans une norme.