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Questions/réponses                                                                                                 Dominique Leblanc - 2012 - collège Mangin

 

- Est-ce qu'un surdoué peut avoir une mauvaise mémoire ?

   C'était le cas d'Einstein. Enfin, c'est ce qu'il disait. Maintenant, c'était probablement relatif ;-)
Un surdoué a toujours une bonne mémoire. Cependant, elle peut être sélective, suivant ses centres d'intérêt, comme pour n'importe qui. On retient bien ce qui intéresse, à moins d'être autiste et incapable de trier l'information utile de celle qui ne l'est pas (ce qui explique peut-être en partie le syndrôme des calculateurs savants.

 

Peut-on avoir un QI de 150 sans être précoce ou surdoué ?

  Précisément le genre de questions dont je n'ai pas vraiment trouvé la réponse. A priori, non. Mais il y a certainement des enfants avec un tel QI qui ne présentent aucun des autres "symptômes" de la précocité. Ils comprennent vite, point. Encore une fois, ce sont probablement des filles, et cela ne les empêchera pas de s'ennuyer. Je suppose qu'un psychologue, dont c'est le métier, doit pouvoir répondre à une telle question en analysant le détail des tests.

 

Peut-on être surdoué et idiot ?   

  Probablement. On associe inconsciemment, depuis Platon, l'intelligence à la beauté et aux qualités morales. Mais il est certain qu'un enfant précoce peut avoir un caractère désagréable, être égocentrique, arrogant, tricheur, menteur et feignant comme n'importe qui. L'intelligence peut aussi être mal utilisée, pour nuire à autrui par exemple. Mais "idiot" au sens où on l'entend d'ordinaire (qui comprend peu), non.

     Cela étant, réfléchir sur l'intelligence amène aussi à se questionner sur ce qui serait son contraire : la "bêtise". Einstein disait : "Il n'existe que deux choses infinies, l'univers et la bêtise humaine... mais pour l'univers, je n'ai pas de certitude absolue".

     Chacun sait bien que le bête, c'est toujours l'autre, cependant, et encore une fois, tout dépend de ce que l'on considère. Il serait curieux qu'Einstein lui-même n'ait jamais fait d'erreurs, pour ne pas dire plus. De même, il existerait huit sortes d'intelligence : ce serait étonnant que chaque individu ne dispose pas d'au moins l'une d'entre elles...

     Pour en revenir aux précoces (et à certains "bons" élèves), on constate souvent en classe l'application du triste phénomène dit "du cornichon" : "tout corps vivant trempé dans un bocal de cornichons tend à devenir un cornichon". Pour ressembler aux autres, un surdoué peut tout à fait s'abêtir au point de passer aux yeux des adultes pour un parfait imbécile.

Mais ce ne sera pas un cornichon ordinaire. Ce sera probablement le roi des cornichons !

    J'ai vu trop souvent des petits précoces réussissant parfaitement en 6ème  et 5ème entamer à partir de la 4ème et de la puberté une dégringolade scolaire et morale particulièrement navrante. Il est vrai que pour résister à l'ambiance négative de certaines classes de nos jours, il faudrait avoir une volonté de fer.
Inutile de dire qu'ils perdent sur tous les tableaux en tentant ainsi de se fondre dans la masse : perte de l'estime de leurs parents, de leurs profs, perte surtout de l'estime de soi.

    L'intelligence n'est qu'un outil, qui doit être associé à d'autres qualités pour donner quelque chose d'intéressant : créativité, enthousiasme, humour, curiosité, combativité, patience, etc.
Je citerai pour finir cette triviale mais ô combien pertinente phrase d'Audiard (citation que l'on peut rapprocher de la fable du lièvre et de la tortue) :
"Une brute qui marche ira toujours plus loin que deux intellectuels assis" !



Peut-on augmenter ou diminuer son QI ? Le QI peut-il être endommagé, par un accident ou une intoxication par exemple ?

     Les avis divergent. On pourra lire que certains enfants précoces se font "rattraper" par leur camarades à l'adolescence. Et il est vrai que nombre de calculateurs prodiges avec un talent extraordinaire (permettant par exemple de devenir champion de France d'échecs à 11 ans) perdent par la suite cette faculté.
Le "don" peut aussi s'éteindre, pense la spécialiste Jeanne Siaud-Facchin, lorsqu'il n'est pas utilisé à l'âge adulte, par exemple dans le cadre d'un travail stimulant (exemple type : Rimbaud). Se retrouver à vendre des gaufres (sans préjugés pour cette honorable profession !) alors que l'on vous dit depuis tout petit que vous êtes super intelligent fonctionnerait comme un étouffoir à l'âge adulte (
voir texte).

     A l'opposé,  la clinicienne Monique de Kermadec soutient que "la surdouance aurait plutôt tendance à s'accroître avec l'âge".

    Ce qui est probable, c'est que le QI évolue dans certains de ses paramètres : il faut bien se rappeler qu'il y a une bonne douzaine de "sous-tests" dans un test de QI, et qu'à QI égal le profil de deux individus pourra être très différent.
Mais un adulte surdoué a toujours été d'abord un enfant précoce.
      Quand à être endommagé...bien sûr. On imagine facilement que les drogues par exemple, ne font pas beaucoup de bien aux connections cérébrales.

 

- Est-ce contagieux ? Est-ce une maladie ?

    Non, l'entourage du surdoué n'a rien à craindre ! Par contre, c'est généralement familial car génétique : il est rare qu'il n'y ait qu'un seul surdoué dans une famille. Comme dit le proverbe, la pomme ne tombe pas loin du pommier...

   Est-ce une maladie...? La réponse n'est pas si évidente ; cependant, dès lors qu'il y a souffrance, oui, certains "dons" s'apparentent  à des pathologies, et peuvent sans doute être traités comme tels, par une psychothérapie par exemple. Mais sinon, le don est plus un avantage qu'un handicap.
Quoique, globalement, les surdoués ne réussissent pas mieux que les autres dans la vie (
étude Lewis Terman). Désolé. Mais je rappelle que l'idée n'est pas de faire mieux que les autres, mais de ne pas faire pire.

 

Est-ce que l'espèce humaine est la seule concernée ?

       Je suis sûr que non. Dans des expériences menées sur les singes et le langage par exemple, on a noté que certains individus sont infiniment plus "intelligents" que leurs congénères. Reste à trouver un test de QI adapté aux chimpanzés ou aux hamsters ;-)

 

Peut-on être surdoué et heureux ?

   L'un des livres les plus célèbres de Jeanne Siaud-Facchin s'intitule "trop intelligent pour être heureux ?".
     Elle considère que, si l'intelligence ne rend pas spécialement malheureux, le surdoué aura tendance à amplifier toutes les émotions, positives comme négatives. Par ailleurs, le fait de se poser beaucoup de questions, et de trouver bien peu de réponses optimistes poussera facilement, sinon au cynisme, du moins à la mélancolie.
L'imbécile heureux n'est sans doute pas qu'une métaphore. Plus on comprend le monde, plus on en discerne les défauts et les dangers.

 

Tous les gens célèbres ont-ils, ou ont-ils eu  un QI important ?

    Quoique l'on puisse lire à propos des QI des uns et des autres, y compris dans ces pages, il faut bien se rappeler qu'il existe au moins deux échelles de mesure du QI, selon les pays. C'est un peu comme pour la température : degré Celsius ou degré Kelvin.
Aussi, les exemple que je relaye ci-dessous sont certainement à considérer avec prudence.

   On parle de célébrité acquise, et non pas héréditaire façon reine d'Angleterre. Bon, on dispose du cerveau d'Einstein conservé quelque part dans du formol, mais pour lui faire passer un test de QI, cela va être délicat.

    J'ai trouvé sur le net des estimations du QI de Vinci et du Newton (entre autres exemples), mais je vois mal sur quoi elles peuvent s'appuyer, à part dans le meilleur des cas sur le bon sens et l'intuition, qui ne sont pas très scientifiques.

    Il est certain que pour réussir dans quoi que ce soit (positif ou négatif), mieux vaut ne pas être un imbécile. Georges Bush, président américain peu connu pour ses accès de clairvoyance, aurait été testé à 125. Barak Obama "aurait" 135. Les dirigeants nazis avaient tous entre 106 et 143...(Remarquons encore que l'intelligence ne s'accompagne pas nécessairement de qualités morales élevées : un surdoué peut tout à fait être un parfait pervers).

Mais le peintre Andy Warhol plafonnait - parait-il, je n'ai pas vérifié -  à  85, et le boxeur Mohamed Ali à 72 (bon, les coups sur la tête peut-être).

Conclusion ? Il n'y en a pas.

Notons au passage à propos de Andy Warhol qu'il a également été suspecté d'
autisme tendance Asperger ! Cela dit, quand il disait fonctionner "comme une machine", il y avait peut-être chez lui une certaine lucidité. Et quoiqu'il en soit, c'était indubitablement un grand créatif et un gros bosseur.

 

Qui sont les surdoués célèbres ?

      Newton (estimé à 190), Einstein, et j'ajouterais à titre personnel Vincent Van Gogh et Tim Burton. Ca n'a pas grand sens de toute façon, ils n'ont pas été testés.
De nombreux héros de bandes dessinées, à ce compte là, sont surdoués (c'est une hypothèse personnelle) : Gaston Lagaffe, Lisa et Maggy Simpson, Dilbert, le schtroumpf à lunettes, Daria, Tintin et Rintintin. Reflètent-ils leurs créateurs ?
Voir là pour en savoir plus :
http://les-tribulations-dun-petit-zebre.com/2012/01/02/quotient-intellectuel-suppose-de-celebrites/

      Maintenant, on peut considérer que tous les enfants génies de l'histoire ont été des enfants précoces. Albrecht Dürer, Michel-Ange, Anton Van Dyck, Mozart (compositeur de talent à six ans !), Madame de Staël,  William Turner, Eugène Delacroix, Victor Hugo, Cuvier, Ampère, Newton, Charles Baudelaire, Pablo Picasso : tous avaient montré bien avant l'âge de quinze ans des dispositions particulières dans un ou plusieurs domaines de la science ou des arts.
On se réfèrera pour en savoir plus à l'ouvrage bien documenté "l'enfance de l'art", de Roselyne De Ayala et Jean-Pierre Guéno (Edition La Martinière, 1999).


 

J'ai un élève dans ma classe qui a 19/20 de moyenne générale. C'est un enfant précoce ?

   Tout le problème est là : si cet élève ne rencontre aucune difficulté, d'intégration au groupe par exemple, son QI ne sera pas mesuré, et l'on n'en saura jamais rien.
Cela étant, il est très probablement au delà de 125.
Il faut comprendre que la frontière est poreuse entre un bon élève dans la norme et un enfant moyen/précoce : la précocité est rarement à l'état pur.

. Et même s'il se révélait être à 150, je ne suis pas certain que l'appellation d'enfant précoce convienne forcément à tous les élèves réellement brillants (et je ne parle pas seulement des bons élèves "ordinaires", qui réussissent par leur travail et leur conformisme scolaire).

    Notons aussi qu'il est autrement plus facile d'avoir de nos jours une moyenne générale de 19/20 qu'il y a trente ans, ce qui fausse encore un peu plus les choses.

   Pour résumer, la réussite scolaire me semble procéder de quatre facteurs, interdépendants : la maturité, l'intelligence (et la mémoire qui va avec), la docilité (l'obéissance) et enfin les connaissances acquises. Il y a des élèves matures qui ne réussissent pas, car leur intelligence très moyenne ne leur a pas donné envie, ou permis, d'engranger des savoirs de type scolaire dans la quantité requise par l'institution. Ils ne retiennent pas grand chose, mais surtout "ça" ne les intéresse pas.
            Et il y a des élèves très intelligents, ayant même parfois des connaissances variées et étonnantes (mais peu scolaires), qui échouent parce que leur manque de maturité et de confiance en soi, ou le contexte de leur classe, ne leur a pas permis de se prendre en main, de s'organiser pour travailler efficacement. Ils savent beaucoup de choses, mais sont incapables de les relier ensemble pour construire quelque chose de productif du point de vue scolaire : une rédaction, une argumentation ou un travail d'arts plastiques.
      Pour peu que cet assemblage hétéroclite de "connaissances" (souvent d'origine télévisée) s'accompagne d'un manque de docilité (on écoute pas l'adulte), c'est la certitude de l'échec scolaire.

    Il faut noter au passage que ce que l'on appelle "l'échec scolaire" ne concerne pratiquement que les garçons, la "docilité" des filles - précoces ou non - leur permettant de passer sans trop d'encombre les caps d'orientation scolaire.
Les filles qui décrochent le font rarement par insuffisance des résultats scolaires, mais plutôt pour des raisons familiales et/ou culturelles.