Vous êtes sûr d'être un surdoué, que faire ?
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                                                                                                Dominique Leblanc - 2012 - collège Mangin


Vous êtes sûr d'être un enfant précoce, que faire ?

 

                            

                                                    

 

 

        Et bien, là, tout de suite, pas grand chose ; mais savoir que l'on est un surdoué est très certainement agréable à l'ego et aide  à se replacer dans un contexte et un vécu que ce fort QI vient à point nommé justifier, expliquer :

« ah, c'est donc pour ça que personne ne m'a jamais compris ? »


     Certains semblent s'en plaindre, parlent de malédiction, mais je soupçonne une certaine dose d'hypocrisie chez ceux qui se lamentent dans les forums de « surdoués » (oui, ça existe, ce genre d'endroit !) : « ah, si je pouvais m'arrêter d'être tellement intelligent, mon dieu, que j'en ai assez de penser autrement que tous les autres ! »

 

Ou encore (j'adore ce post, trouvé récemment dans un forum) :


     "Suis-je la seule, dans ce (bip !) de monde, à être comme ça ?
Où ceux qui me ressemblent ont honte... Comme moi.
Je me sens incomprise par le monde entier. J'ai 15 ans, et je voudrais en avoir 90 pour dire adieu à tout ça.
Y' a t'il des solutions ?
"
 

 

Cela dit, êtes-vous bien sûr d'être surdoué(e) ?

     Pour bénéficier de cette appellation, il y a une condition indispensable, mais non suffisante : vous devez avoir été testé, par un professionnel agréé (et plutôt deux fois qu'une) et votre QI doit dépasser 125 (d'autres disent 130). A noter qu'un test peut vous donner 130, un autre 120 : dans ce cas, faites la moyenne, mais l'important, c'est plutôt le diagnostic qui accompagne le test. Vous pouvez être précoce avec un QI de 120, et ne pas l'être avec un QI de 140. Vous êtes peut-être simplement très intelligent, tout en restant parfaitement dans les clous de la norme. Et oui, rien n'est simple.

        En effet, ce qui caractérise le surdoué, c'est un mode de fonctionnement différent de celui de ses camarades (bon, ce n'est pas un alien non plus!). Et cette différence a été remarquée très tôt, dès la maternelle en général

 

      Qu'est-ce que cela veut dire, une « intelligence différente » ? On n'a pas tous la même ?

 

      Et bien, pour donner un exemple, la plupart d'entre nous, pour trouver une solution à un problème, vont de A jusqu'à Z, en passant par B, C, D, etc. Ca s'appelle des étapes logiques.
Le moins malin regarde sur le voisin.

 

       Le surdoué, lui, va souvent directement de A à Z, et il est tout à fait capable pour cela de passer par la gamme des notes ou des nuances de couleurs ; il s'agit d'une forme particulière d'intuition, mettant essentiellement en activité le cerveau droit (cette explication est contestée, j'aurais l'occasion d'y revenir) : il pourra fréquemment donner une solution, trouver un résultat, mais il ne saura pas (ou pas facilement) expliquer comment il a trouvé. Précisément parce qu'il n'a pas suivi un cheminement "logique" que les autres puissent comprendre facilement.


      Il y a gros à parier que bien des artistes, bien des savants sont, ont été, des surdoués. Car s'il y a bien un domaine où l'on peut procéder par intuition, c'est celui des différents arts et de la science.

 

 

     Pour en revenir à la question « êtes-vous un surdoué ? », il est probable que si vous répondez par l'affirmative, c'est que vous avez déjà été testé. Et si vous avez été testé, il devait y avoir de bonnes raisons pour cela: on ne teste pas un enfant sans problème.

Ces problèmes ont pu être d'ordre scolaire, ou comportemental, et probablement les deux.

 

    A un moment « on » (vos parents sans doute) s'est posé des questions sur vos capacités.

 

 Un surdoué, la plupart du temps, peut très bien traverser l'existence en ignorant tout de sa particularité, ou même, la connaissant, s'en sortir fort bien..


     Surtout s'il est une fille, il se peut que tout se passe sans soucis, et que les difficultés soient gérées comme pour n'importe quel enfant.

Après tout, les non-surdoués ont aussi leurs problèmes. Il y a certainement des surdoués heureux !

 

   Malheureusement, il peut choisir d'autres modes de fonctionnement plus risqués, qui sont au départ des mécanismes d'auto-défense.

 

                                         
                                            "le génie est une longue patience" (Buffon)

                     

1. Il peut décider de devenir totalement et définitivement "l'intello" de service, c'est à dire de correspondre totalement à ce que l'on attend de lui. Ce choix sera peut-être gratifiant pour les parents, mais pour lui, c'est moins sûr (j'appellerais ça symptôme Dilbert) ; en effet, cela passe par une mutilation des émotions, une "robotisation". Il y a risque de cynisme. Il deviendra sarcastique, voire méprisant.


        Bien entendu, l'intellectualisation outrancière ne peut donner que des bons résultats au plan scolaire, mais c'est en sacrifiant la sphère affective et émotionnelle.

 

 

                                                     

 

2. L'abêtissement volontaire : pour essayer de ressembler aux autres, pour surtout ne pas être considéré comme "l'intello" (et dieu sait que cette catégorie d'individu n'est guère valorisée chez la plupart des jeunes), le surdoué (mâle surtout) se bêtifie. Il se rend, se montre le plus lourd possible, il en rajoute dans l'étalage de la nonchalance, et de la paresse.

   A l'appauvrissement de la vie intellectuelle risque alors de s'ajouter la perte de l'estime de soi. Sans compter qu'une carrière de vendeur de gaufres est nettement moins épanouissante qu'une carrière de chercheur au CNRS.


       Car bien sûr, la chute brutale des résultats est à peu près certaine, sans parler du risque de phobie scolaire. Il est difficile de monter une pente scolaire, mais facile de la descendre. Surtout lorsque le vélo n'a plus de freins.

  A terme, jouer à l'imbécile, c'est aussi risquer de le devenir pour de vrai en se sclérosant dans un comportement réflexe dont il devient impossible de se défaire. Ajoutons qu'un cerveau qui n'est pas correctement alimenté en données "utiles" fonctionnera aussi bien qu'un moteur de formule 1 sans essence.

On va alors jusqu'à parler d'anorexie intellectuelle (Alain Gauvrit, psychiatre).

 

     Inutile de le souligner, ni d'insister ici, mais une trop grande sensibilité, plus une faible socialisation, présente également de grand risques de mener vers une autodestruction sous différentes formes, plus ou moins rapidement ; par exemple, il peut y avoir repli sur soi, dans un monde intérieur où le sentiment de toute-puissance peut se développer sans se confronter au principe de réalité.

      Attention : le jeu vidéo, pour un surdoué garçon, est un piège plus redoutable encore que pour les autres enfants. Il s'y engloutira corps et âme, en particulier parce qu'il y sera brillant, et que son sentiment de toute-puissance s'y verra quotidiennement conforté à peu de frais.

    Toutes ses qualités, alors, le perdront : son excellente mémoire, sa compréhension fine des mécanismes du jeu, voir sa capacité à manipuler es autres joueurs dans les jeux en réseaux.

   Il faut savoir qu'un adolescent mâle occidental est capable de passer jusqu'à 6 ou 7 heures quotidiennes à jouer à un jeu vidéo (souvent un seul à la fois). A y penser encore quand il n'y joue pas. A choisir ses amis exclusivement parmi ses partenaires de jeu.

Autant de temps qui ne sera pas consacré à la lecture, au sport, à la musique, à l'acquisition au final de savoirs "humanistes" utiles pour la scolarité.
Dieu sur Call of Duty ou Warcraft, mais vrai raté à la sortie de l'adolescence.

     Et les filles ? Un peu moins menacées par les jeux violents qui agglutinent les garçons, il y a moins de risque de les perdre en route. De plus, elles verbalisent plus facilement (ce pourquoi elles semblent très majoritaires sur les forums de surdoués), ce qui ne peut que les aider à se comprendre.
     Mais la montée en puissance de "réseaux" sociaux chronophages et anxiogènes comme Facebook risque dans les années qui viennent de leur faire perdre cette relative immunité qui leur permettait de préserver une façade scolaire honorable.
 
 
 
"Faire aisément ce qui est difficile aux autres, voilà le talent; faire ce qui est impossible au talent, voilà le génie" ((H.F. Amiel)