Vous vous demandez si vous êtes un surdoué ?
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Vous vous demandez si vous êtes un surdoué                    Dominique Leblanc - 2012 - collège Mangin 

    Vos parents, vos amis vous trouvent raisonnablement malin, mais vos résultats scolaires sont médiocres, voire nuls : désolé, ce n'est pas un indice suffisant pour une éventuelle précocité : vous êtes peut-être vraiment nul !

    Voici cependant quelques caractéristiques qui peuvent indiquer que vous avez un vrai potentiel, et qu'il serait temps de vous bouger un peu pour le mettre en valeur (parce que dire constamment "je peux si je veux", ça a ses limites) :

SI...

     Vous étiez bon élève au primaire, voire très bon, mais depuis la sixième vos résultats n'arrêtent pas de baisser. Même là où vous étiez très bon, en maths ou en histoire par exemple.


   Vous avez toujours aimé lire, lu et relu  Harry Potter (ou autres séries)...


   Vous êtes ou avez été un vrai maniaque des collections : timbres, capsules de bouteille, cailloux, listes de rois,  tout y a passé !


  Vous êtes, ou étiez, le roi des origamis, le prince du Rubik's cube, le dieu de la programmation du lecteur de DVD.


  Vous adorez les histoire drôles, les jeux de mots, mais souvent ça ne fait rire que vous, et vous devez expliquer aux autres pourquoi c'est drôle.


   Vous êtes un bon joueur d'échecs, de Risk, de Monopoly (etc.). Si vous étiez capable de réunir plus d'un copain à chaque fois, ça vous éviterait de jouer contre vous même. Il est vrai aussi que vous détestez perdre.


   Vous êtes souvent "dans la lune", rêveur, mais sans perdre complètement de vue la réalité : vous reconnectez vite en cas d'urgence ! ("Toto, tu peux répéter ma dernière phrase ? demande le prof. Oui, en général, Toto peut).


   Vous avez votre petit monde bien à vous, où vous êtes le roi (ou la
reine). Il s'y passe des choses bien plus intéressantes que dans cette salle de classe tristounette où vous vous ennuyez...comme l'enfant dans le poème de Prévert : "l'oiseau Lyre".

   Il y a des solutions à des problèmes qui vous semblent évidentes, mais vous avez du mal à en convaincre les autres. Plus gênant, vous ne parvenez pas à trouver les bons arguments : dire « je sais que c'est comme ça parce que je le sais » étant quand même un peu court.
     A la limite, argumenter vous semble une perte de temps, puisque VOUS êtes sûr et que c'est tellement EVIDENT !


  Sans être forcément un solitaire, isolé dans la cour comme un pestiféré, vous avez du mal à trouver de vrais amis, des gens qui vous comprennent et partagent vos centres d'intérêt. A la limite, les profs vous intéressent plus que vos camarades, mauvais ça.


  Votre bulletin comporte souvent des remarques du genre :

FRANCAIS

Pourrait faire beaucoup mieux; canalisez votre attention.

HISTOIRE-GEOGRAPHIE

N'exploite pas toutes ses possibilités.

MATHEMATIQUES

Progressera en étant plus concentré, et plus attentif aux consignes..

 

ALLEMAND

Soyez plus concentré en classe et développez la réflexion pour progresser.

 

ANGLAIS

Vit sur ses acquis et se laisse vivre, particulièrement à l'oral. Cessez de jouer, concentrez-vous. Mettez-vous au travail, réagissez ! Vous en avez les moyens.

 

SVT

Des résultats en dents de scie donnent un ensemble assez satisfaisant, mais qui est loin de vos capacités réelles. Vous manquez parfois de concentration en classe et de régularité dans le travail.

 

ARTS PLASTIQUES

Des idées, de l'enthousiasme, beaucoup de sensibilité, mais attention au respect des consignes données.

 

LATIN

Un manque de rigueur et de précision dans l'apprentissage des leçons, fort préjudiciable au résultat final.

 

 

APPRECIATION DU CONSEIL DE CLASSE "Ensemble satisfaisant, mais vos capacités laissaient espérer mieux. Si ces dernières sont indéniables, elle ne peuvent se suffire à elles-mêmes. Ne les gâchez pas par un manque de concentration et de rigueur."

Note : il s'agit d'un bulletin authentique.

     

    Tout cela signifie que vous passez pour un parfait fumiste, et un gros paresseux, alors que vous pensez n'être ni l'un ni l'autre. Enfin, pas plus que la moyenne de vos camarades en tout cas !

   Vous vous ennuyez souvent en cours. Pour être franc, beaucoup de vos camarades aussi. 
     Mais si vous êtes le seul à vous ennuyer tout en comprenant ? Le professeur parle pour la majorité des élèves. Vous vous ennuyez si vous n'avez rien compris, mais également lorsque vous avez compris dès le début. Alors, l'attention vagabonde, vous écoutez distraitement, voire plus du tout, et là, vous ratez les informations en apparence secondaires, les consignes, tout ces petits trucs qui vous feront réussir, ou rater, l'exercice qui suivra et sera noté ; vous avez compris, mais vous aurez une mauvaise note.

La faute au prof ? Pas sûr...

   Vous aimez les choses complexes, et échouez sur des petits riens, des exercices tout bêtes qui demandaient juste un peu de temps et de soin, un effort de relecture.

   Vous avez, ou vous avez eu, des problèmes d'écriture, d'orthographe (mais pas forcément). Vous êtes plutôt lent lorsqu'il faut réaliser quelque chose, ce qui vous pénalise à l'école : penser vite est une chose, mais que l'écriture est longue et ardue ! Et les sujets vous semblent souvent bien ennuyeux.

  Vous n'aimez pas la routine : il vous faut toujours du nouveau, il faut qu'il se passe quelque chose dans la classe : question de survie !

  Vous adorez les jeux de vidéos, notamment les jeux de stratégie si vous êtes un garçon, et les jeux de rôle si vous êtes une fille. Vous étiez geek, vous virez nolife, attention !

 

 Mais encore ?


       De nombreux surdoués sont dyslexiques, ou/et dysgraphiques (ils ont du mal à écrire ou dessiner vite et correctement). Les arts plastiques au collège sont en conséquence rarement leur domaine de prédilection, car ils sont lucides sur la valeur de leur production :


Van Gogh ou rien, ce sera donc rien.


    Vous préférez les mathématiques, l'histoire, les sciences naturelles au sport, domaine où vous êtes susceptible de rencontrer douloureusement vos limites physiques, comme tout le monde.

      Vous échouez dans des tâches simples, qui vous ennuient, ou pour lesquelles vous semblez n'avoir aucune compétence (ranger votre chambre par exemple) ; vous n'aimez pas lire des énoncés, sautez des lignes, bref bâclez pour finir plus vite !
Mmm... : il est tellement attirant, ce petit jeu de Légo planqué dans un coin ! D'ailleurs, vous SAVEZ toujours la leçon (à vous entendre).

    Par contre, lorsque vous êtes concentré (sur la notice technique d'un aspirateur à induction neutronique par exemple, ou plus probablement sur celle d'un nouveau jeu vidéo), il faut tirer au canon pour vous en sortir.


        Bref, non seulement vous passez pour un intello auprès des copains, mais vous n'en avez même pas les bons résultats ! (Et n'imaginez pas qu'un 13 de moyenne générale soit, de nos jours, un "bon" résultat).

Note :  il y a des précoces heureux  et adaptés (des filles en général), qui ne présentent que peu des caractéristiques décrites ci-dessus. Ceux-là ne font pas partie de la catégorie qui nous intéresse ici : le surdoué non détecté qui a des difficultés scolaires.

 

     Que faire si vous craignez de correspondre, au moins partiellement, au portrait qui vient d'être tracé ?

     D'abord, vous faire tester par un psychologue agrée. Il faut un diagnostic solide. Vous ne risquez rien de plus qu'une petite blessure d'amour-propre. Si vous avez un honnête QI standard, cette page ne vous concerne que partiellement.
    Tout dépend ensuite de votre âge, de votre contexte social, culturel, et géographique. De votre niveau scolaire du moment aussi.
      Si vous avez 8 ou 9 de moyenne par exemple, et que vous êtes en fin de troisième, il est bien tard pour vous reprendre : vous n'irez sans doute pas dans un lycée général, et il va être difficile de suivre les études longues qui conduisent vers des professions de cadres. Certes, quelques élèves orientés vers un lycée professionnel parviennent à emprunter des passerelles qui les ramènent vers un cursus plus long, mais il s'agit d'une petite minorité et ce ne sont probablement pas des adolescents précoces.

Redoubler ? Vous n'avez plus rien à perdre, peut-être, mais ce serait reculer pour mieux plonger. Vos lacunes accumulées sont telles qu'il vous faudrait une deuxième enfance pour vraiment les combler. Maintenant, avec une vraie volonté de vous reprendre, pourquoi pas ? Le moment de tester "pour de vrai" ces possibilités qui sont jusqu'à présent restées potentielles.
Appelons homme de génie ceux qui font vite ce que nous faisons lentement"  disait
Joseph Joubert (Pensées) : un vrai challenge, ça peut motiver.

Voici une anecdote que l'on rapporte sur Carl Linné, un grand savant naturaliste du 18ème siècle :
"Fils d'un pasteur pauvre mais ambitieux, c'était un si piètre étudiant que son père exaspéré faillit le placer en apprentissage chez un cordonnier. Peu inspiré par la perspective de passer sa vie à planter des clous dans du cuir, le jeune Linné supplia qu'on lui donne une deuxième chance et ne fut plus jamais pris en défaut sur le plan des études. Au début des années 1730, à moins de trente ans, il commença à publier des catalogues de plantes et d'espèces animales à l'aide d'un système de sa propre invention, et sa célébrité s'accrut peu à peu."(cité par Bill Bryson)

Redoubler dans une classe spécialisée ? Il y en a bien peu, toutes privées, elles sont parfois contestées, et elles seraient surtout bénéfiques aux jeunes  précoces qui peuvent aller plus vite que les autres dans certaines matières, pas aux déjà vieux précoces "attardés" qui cumulent complexes, lacunes et (souvent) problèmes de comportement.

Alors, quoi ? Et bien déjà, vous n'êtes déjà pas obligés d'aller là où l'on vous dira d'aller. Il y a des formations professionnelles plus épanouissantes que d'autres pour quelqu'un qui aime réfléchir. Dans les métiers d'artisanat d'art, par exemple, si vous êtes créatif. Décarcassez-vous pour une fois. Assiégez le bureau du conseiller d'orientation, lisez les revues de l'Onisep, faites des stages. Choisissez votre destin, au lieu de le subir !

    La France a le culte du diplôme. On vous embauchera en fonction du vôtre, et si vous n'en avez pas, ou si celui que vous visez n'est guère valorisé, et bien embauchez-vous vous-même ! On peut créer une entreprise très jeune, beaucoup l'ont fait, et pas seulement Bill Gates (Microsoft, créé à 20 ans) ou Marc Zuckerberg (qui a inventé Facebook à 19 ans). C'est ardu, c'est un peu risqué, stressant, mais excitant : ça vous plaira peut-être. Et si vous devez couler, au moins ce sera pavillon haut.
J'ajoute qu'un surdoué ayant horreur des procédures et normes inefficaces, il n'a pas forcément intérêt à intégrer une administration publique ou une grande entreprise s'il tient à sa santé mentale (lire à ce propos "la revanche du rameur" du docteur Dominique Dupagne dont
voici un extrait significatif.

Si vous n'êtes pas en situation d'urgence ? Passé(e) ric-rac en seconde parce que vos parents sont allés plaider votre cause auprès du proviseur, vous regardez défiler trimestre après trimestre vos bulletins pitoyables en rêvassant sur le sens de la vie et la profondeur de votre nombril.
      Inscrit mollement en terminale littéraire, vous n'avez pas ouvert un bouquin de l'année (sauf les obligatoires que vous avez bâclé) et vos malheureux parents n'ont plus pour seul espoir que de vous voir obtenir (de justesse) le bac, histoire de vous expédier jouer à l'étudiant quelques années de plus dans des facs surpeuplées, et se donner ainsi l'illusion de vous avoir vraiment donné votre chance jusqu'au bout.
     Ne rêvez pas : le noble métier de distributeur de journaux gratuits vous attend au train où vont les choses. Vous serez un distributeur de journaux gratuits diplômé de psycho, et c'est tout.

    Dans tous les cas, tant qu'il est temps,  le seul remède universel et vérifié s'appelle bosser (ne soyez pas déçu). Vous savez, on peut même y prendre goût. Cela dit, je sais bien que le grand problème de l'enfant précoce, c'est précisément la difficulté de se mettre au travail sur des problèmes qui l'ennuient. Il doit toujours SE FORCER, ce qui le désespère et le rend peu efficace.


Conseils pratiques  (valable aussi pour les non-précoces !) : à moins d'avoir un atout particulier dans votre manche, par exemple être un programmateur hors pair ou une guitariste brillante (et donc d'avoir travaillé au moins dans ce domaine), vous n'arriverez à rien si vous ne hiérarchiserez pas l'utile et l'inutile :

- Rangez votre bureau et votre chambre, supprimez tout ce qui ne sert à rien et vous distrait. Organisez déjà l'espace autour de vous, avant de réorganiser vos priorités scolaires.

- Recherchez la compagnie des vraiment "bons" élèves, ceux que vous affectez de mépriser d'ordinaire, et fuyez la cour médiocre dont vous êtes au mieux le pitre savant en chef et au pire le souffre-douleur. Discutez avec les filles, si vous êtes un garçon : elles ont beaucoup à vous apprendre sur vous même. Discutez avec les profs, si vous êtes une fille.

- Arrêtez de perdre votre temps dans des activités un peu puériles (jouer aux Légo à 15 ans) ou sans intérêt scolaire à court et moyen terme. Donnez-vous des outils de gestion de votre propre temps : planning à respecter, objectifs précis, suivi des notes (oui, un tableur peut servir à ça). Commencez toujours par le plus ennuyeux (donc le plus obligatoire). Prenez par exemple votre progression - je parle des notes - comme un jeu vidéo (faire le plus gros score possible).
   
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Au lieu de vous vautrer sur le canapé devant la télé (tout en faisant remarquer à quel point les programmes sont nuls), ouvrez des livres (pas des bédés !). Commencez un instrument. Essayez d'écrire une poésie, ou une nouvelle. Faites de l'escalade ou de l'escrime. Allez dans les musées, sortez voir des spectacles. 
Lisez Sciences et Vie (Junior éventuellement) et Beaux-Arts Magazine au CDI.

- Si la télé vous est aussi indispensable que le bocal au poisson rouge, découvrez les vrais classiques du cinéma, qui ne s'appellent pas Terminator vs Bob l'éponge et encore moins le Kamasutra pour les Nuls mais Métropolis et Citizen Kane.
     Prenez un portable sans forfait internet. Enlevez les écouteurs de vos oreilles, le réel a une musique intéressante aussi.
Donnez votre console à votre meilleur ennemi.

- Relisez vos anciens cours (ceux du mois dernier). Refaites les exercices que vous aviez raté, corrigez vos erreurs au lieu de tenter de les oublier le plus vite possible. Acheter les annales du Brevet/Bac/etc...planchez dessus sérieusement. Mieux : écrivez-les vous même.

- Laissez même tomber l'ordinateur quelques temps : internet n'est utile qu'à ceux qui ont déjà une vraie culture et savent ce qu'ils recherchent (les profs par exemple ;-)
Désabonnez-vous de Facebook, et de tous les réseaux sociaux qui vous distraient constamment.

A part le site des arts plastiques du collège Mangin, franchement, de quoi avez-vous donc besoin pour l'instant ? Il y a des livres dans les CDI, les bibliothèques, et les CDI 

    Un élève qui parvient à  se remotiver peut s'améliorer très rapidement : j'avais l'an dernier en quatrième une jeune fille visiblement très capable, qui avait pourtant coulé, à force de passer ses nuits sur Facebook, à moins de 08 de moyenne générale.
      Cette année, au sortir de la troisième, sa moyenne est passée à 16 et elle a toutes les chances d'obtenir une mention très bien au brevet des collèges.