ZDOC Albert Jacquart le QI
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Intelligence et QI   
                                                  
(Albert Jacquard « l’équation du nénuphar », extrait)

 

    "A l'école, il est constamment question d'intelligence, sans que jamais le contenu de ce mot ait été précisé. Implicitement l'intelligence est considérée comme une caractéristique mesurable, un peu comme la taille et le poids, la mesure étant la réussite scolaire.

      Et, comme toute mesure permet de classer selon une hiérarchie allant des inférieurs aux supérieurs, tout se passe comme si les élèves étaient répartis selon une échelle de valeurs. Une étiquette est ainsi attachée à chacun.

 

    En fait, l'intelligence est un ensemble de caractéristiques, ce qui rend vaine toute tentative de hiérarchisation. L'ordinateur qui a battu Kasparov aux échecs est-il plus intelligent que celui-ci ? Oui, si la seule performance considérée est le succès à ce jeu ; non, si l'on tient compte également d'une autre caractéristique par exemple,  l’émotivité : Kasparov était triste d'avoir perdu, l'ordinateur ne ressentait aucune joie d'avoir gagné.

 

     Etrangement, la plupart de jeunes acceptent de se soumettre au verdict de leurs résultats scolaires. Ils constatent comme une évidence objective qu’ils « ne sont pas faits pour les maths » ou qu’ils sont « plus manuels que scientifiques », et posent la question :

« La science est-elle accessible à tous ? », comme si les scientifiques étaient des individus dotés par la nature de dons réservés à une élite.

 

    L’essentiel du débat tient dans ce mot , les « dons ». Tout se ligue pour faire croire que l’intelligence est l’équivalent d’un cadeau que chacun reçoit, et qui est très inégalement réparti par la loterie de l’hérédité.

 

     Le trop célèbre quotient intellectuel à une grande part de responsabilité dans la diffusion de l'idée absurde d'un potentiel d'intelligence mesurable et définitif. Prétendant représenter par un nombre unique cette réalité multiforme, il ne peut que la trahir.

 

À propos de l'intelligence

 

     Conscient du flou de ce terme, les spécialistes de la discipline qui s'intéresse à ce domaine ont cherché à le remplacer par un paramètre unique et mesurable, le célèbre quotient intellectuel, ou QI

Cette démarche d'unidimensionnalisation est parfaitement raisonnable et semblable à celles suivies dans de nombreuses disciplines ; encore faut-il être conscient de la perte d'informations qu'elle suppose. Les psychologues ont mis au point avec un soin extrême des méthodes permettant de mesurer ce QI : des batteries d'épreuves, les tests, donnent des notes partielles et des procédures de globalisation aboutissent à une note finale. Comme pour toute mesure, il faut alors répondre aux questions classiques :

 

- Que mesure cette note ?

- Quelle est la précision de cette mesure ?

- Quelle est sa stabilité ?

 

      Sur le premier point, force est de reconnaître qu'il n'y a guère d'autre réponse que la boutade prêtée à celui qui a le premier mis au point des tests, Alfred Binet : « les tests mesurent l'intelligence car j'appelle intelligence ce que mesurent les tests ».

La tautologie peut paraître cynique, mais elle n’est ici que réaliste. A la limite, il vaudrait mieux annoncer que l’on mesure le QI sans chercher à mettre des mots derrière les lettres Q et I, qui ne se réfèrent réellement ni à un quotient, ni à l’intelligence."