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LES BASES BIOLOGIQUES DE LA PRECOCITE INTELLECTUELLE  (extrait)

 

(M. DUYME, S. SAINTPIERRE, C. GAUTHIER, C. CAPRON) Revue " Approche Neurologique des Apprentissages chez l'Enfant " n° 73 de novembre 2003

 

 

      LES ENFANTS INTELLECTUELLEMENT PRÉCOCES (EIP) SONT-ILS UNE ÉLITE GENETIQUEMENT DETERMINEE ?

 

 

    "Le diagnostic de la précocité intellectuelle pose encore des problèmes non résolus. Les auteurs scientifiques ne s'accordent pas toujours sur les critères de diagnostic. Un des critères le plus souvent retenu est un quotient intellectuel (QI) supérieur à 130, c'est-à-dire 30 points au-dessus du QI moyen de la population générale qui par construction du test est de 100. Il s'ensuit, toujours par construction du test, que 2,3 % de la population ont un QI supérieur à 130.

 

    De l'avis de la commission ministérielle (Rapport Delaubier, mars 2002), il n'est ni nécessaire ni suffisant mais peut constituer une référence approximative. La connaissance de l'histoire du développement intellectuel, affectif, environnemental et comportemental de l'enfant est fondamentale.

 

    Prendre en compte le seul critère de 130 peut mener à l'affirmation que l'EIP concerne surtout les enfants de milieux riches. En effet toutes les études portant sur le QI des enfants en fonction du milieu social de leurs parents ont montré que les enfants d'ouvriers avaient en moyenne un QI de 92 à 95 alors que les enfants de cadres supérieurs avaient en moyenne un QI de 112 à 115.

     Ce résultat est à rapprocher de l'étude récente de l'INED (Archambault, mai 2002) qui indique que 45% des enfants de cadres dont la mère est diplômée aboutissent à un niveau d'études d'au moins bac + 3, alors qu'il n'y en a que 3%, chez les enfants d'ouvriers dont la mère n'est pas diplômée.

 

     Le pourcentage d'enfants ayant un QI de 130 chez les enfants de cadres supérieurs serait de 12 %, sur la base d'un QI moyen d'environ 112.

     Pour les enfants d'ouvriers, il serait de 0,6%, sur la base d'un QI moyen d'environ 92.

    Il y aurait donc très peu d'EIP chez les enfants d'ouvriers. Les EIP ne seraient qu'un problème de riches.

   Nos travaux antérieurs (Schiff et al., 1978, Capron et Duyme, 1989, Duyme et Dumaret, 1999) ont montré que l'environnement social expliquait la stratification sociale du QI. Ainsi, pour le diagnostic d'EIP, il faut prendre en compte le niveau social des parents. Tout travail clinique ou scientifique sur les EIP qui ne tient pas compte de ces particularités ne peut être qu'erroné. Il faudrait prendre comme seuil de QI non pas 100 + 30 mais la moyenne de QI de son groupe social plus 30. Il s'ensuit que chez les enfants d'ouvriers un QI supérieur à 92 + 30 = 122 pourrait être utilisé comme un des critères d'EIP alors qu'il faudrait un QI supérieur à 112 + 30 = 142 chez les enfants de cadres supérieurs.

   De plus, certains pensent qu'il faudrait prendre en compte uniquement les performances non verbales des tests de QI.

    Celles-ci seraient moins soumises aux effets de l'environnement. Ce raisonnement est faux à la fois d'un point de vue clinique et d'un point de vue scientifique. En effet, pour établir leur diagnostic, les psychologues ont besoin de connaître l'histoire cognitive et affective de l'enfant mais aussi son profil psychométrique aux différents sous-tests verbaux et non verbaux du QI.

    Sur le plan scientifique nos travaux ont établi que, pour des enfants élevés dans un même système linguistique, le QI verbal et le QI non verbal étaient influencés par l'environnement social. De plus les chercheurs qui travaillent dans le champ de la génétique du QI indiquent que le domaine verbal ainsi que le domaine non verbal seraient influencés par des facteurs génétiques. Mais que valent les recherches sur les bases génétiques du QI ?

 

  Maintes fois il est dit :

 

a) qu'il existe des familles constituées de plusieurs enfants précoces, selon un critère de QI supérieur à 130 ;

 

b) que les jumeaux monozygotes (MZ) ont des QI plus semblables que les jumeaux dizygotes (DZ) ;

 

et c) que ces deux arguments montrent bien l'influence des facteurs génétiques.

 

      Pourtant, une caractéristique familiale d'un comportement psychologique ou d'une maladie n'a jamais été la preuve d'une influence de facteurs génétiques. Une ressemblance plus grande des MZ peut provenir d'une proximité environnementale plus importante que chez les DZ.

    La vérité en ce qui concerne le QI est que même si l'on découvrait des gènes liés au QI, le score de QI d'une personne donnée dépendrait de son environnement.

 

   Ce champ de recherches est inséré dans ce qu'on dénomme la génétique multifactorielle, un domaine scientifique complexe qui ne sera pas détaillé ici. Nos critiques sur l'héritabilité du QI ont été publiées ailleurs (Capron et al., 1999).